Un petit bout de Japon en Sud Touraine

Il y a une dizaine d’années, Yoshida, après quelques années en Algérie dans le domaine de l’industrie, pose ses valises à Ligueil pour créer toute seule une petite exploitation exclusivement consacrée à des légumes japonais. Elle en cultive une vingtaine d’espèces par an et la quasi-totalité part sous forme de paniers chez des chefs parisiens qui travaillent en « carte blanche » et se laissent le plus souvent inspirer par ce qu’ils découvrent dedans au moment de la livraison.  

Tours Cité Internationale de la Gastronomie en Val de Loire : Vous parlez très bien le français, quel est votre lien avec notre culture ?

Anna Shiji : Depuis toute petite je navigue entre les deux cultures et j’ai longtemps représenté des entreprises japonaises dans des pays francophones, mais pas du tout dans l’alimentaire. Pourtant j’ai toujours aimé partager les saveurs et les produits de mon pays.

Tours Cité Internationale de la Gastronomie en Val de Loire : Comment vous est venue cette idée de changer du tout au tout et de faire pousser des légumes japonais en Touraine ?

Anna Shiji : Nous étions une petite communauté de travailleurs japonais en Algérie et nous avions décidé de faire un mini-potager collectif là-bas, pour faire pousser des légumes de chez nous. Comme on avait un peu d’espace pour le faire, on a tenté l’expérience, ça a bien marché et ça m’a beaucoup plu de m’investir dans ce projet. Par la suite, je me suis rendue compte que c’était très différent d’être maraîcher professionnel, mais j’ai appris sur le tas et aujourd’hui encore j’apprends tous les jours.

Tours Cité Internationale de la Gastronomie en Val de Loire : Vous gérez cette production toute seule ?

Anna Shiji : Pour l’exploitation oui, pour la communication et le design mon ami m’aide et comme il est sur Paris, son réseau m’a permis de toucher assez rapidement des chefs de petits restaurants gastronomiques qui recherchaient des légumes frais un peu rares, qu’ils peuvent travailler en petites quantités. J’ai eu assez de clients par le bouche à oreilles, même trop les premières années car je n’avais pas assez de produits… Aujourd’hui, j’en vis à peu près, mais je n’ai pas envie de développer la production, cette dimension me convient très bien, même si parfois j’aimerais faire quelques marchés et fournir des chefs du Val de Loire… Mais pour l’instant mes premiers clients sont très réguliers et fidèles, donc quasiment toute ma production part à Paris. Il y a juste quelques particuliers tourangeaux qui se regroupent pour m’acheter quelques paniers.

Tours Cité Internationale de la Gastronomie en Val de Loire : Pourquoi avoir choisi la Touraine ?

Anna Shiji : Pour son climat ! C’est le jardin de la France, le climat est tempéré et suffisamment humide pour les espèces que je cultive. J’avais regardé un peu dans le Sud où j’avais déjà vécu deux ans, mais entre la qualité de la terre et la chaleur, ça m’a paru compliqué. J’ai repris une exploitation bio d’un maraîcher qui s’est arrêté, il y a cinq serres et un système d’irrigation. Je n’ai pas le label bio, mais dans le pratique, je suis en bio.

Tours Cité Internationale de la Gastronomie en Val de Loire : Vous ne souhaitez pas agrandir votre production, mais avez-vous d’autres projets de développement ?

Anna Shiji : Oui, je vais pouvoir utiliser une maison qui jouxte les champs et je vais l’aménager pour organiser des dégustations et des ateliers cuisine à partir des légumes qu’on aura été cueillir ensemble juste à côté. Je vais commencer les travaux fin octobre et ces animations devraient voir le jour au printemps 2018.

Propos recueillis le 11 octobre 2017.

Approfondir :

> Le site internet de Yasai.

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